Le corpus de connaissances et de savoir – faire en
salubrité a puisé et puise encore dans plusieurs disciplines scientifiques. Des
résultats probants, mesurés pardes
études scientifiques, viennent démontrer de plus en plus fréquemment l’impact
très positif d’un entretien sanitaire fonctionnel etappliqué selon les règles de l’art. L’étude
BERRY, dont un des tableaux de résultats est rapporté à la fin de l’article en
fait une démonstration probante à cet effet en milieu scolaire.
Des contributions pluridisciplinaires
Ily a
beaucoup plus de science que l’on pense en entretien sanitaire! L’hygiène du milieu étant l’ensemble
des pratiques en vue de protéger la santé, il en découle que le code des bonnes
pratiqueset des règles de l’art doit
absolument être connu des gestionnaires, appliqué par ceux-ci sur une base
courante et évalué afin d’en assurer la conformité. On oublie parfois que les
règles de l’art de notre métier trouvent leurs justifications et leur raison
d’être à partir de fondements
scientifiques irréfutables. Sans prétendre être exhaustif, voici tout de même
un bref rappel de ces sciences appliquées et de quelques-unes de leurs
contributions.
1. Installations matérielles
On retrouve ici, bien sûr, le génie des matériaux, le génie civil, l’architecture, l’informatique.
Il est de plus en plus reconnu que le choix des matériaux,leur agencement dans l’espace et l’entretien
sanitaire que ces matériauxreçoivent
ont une influence directe sur la durée de vie de l’immeuble, leur coût suivant
les cycles de vie utile de l’immeuble, sa capacité à faciliter la qualité et la
performance des services rendus, à permettre une qualité de vie pour les
occupants et procurer un sentiment de sécurité pour les usagers. Les
revêtements architecturaux ont chacun leurs caractéristiques, leurs conditions
de pose et d’entretien routinier et périodique en vue de bien les poser, les
protéger, les maintenir propres et salubres, tout cela afin d’en prolonger leur
cycle de vie utile.
2.
Produits et appareils de nettoyage
La
chimie et, de plus en
plus, la biotechnologieapportent une base de connaissances
indispensables (propriétés tensioactives, ingrédients actifs, pouvoir
mouillant, types de polymères, enzymes, etc.)afin de nettoyer, d’assainir, de désinfecter, de protéger les
revêtements de sol et de disposer de façon efficace et sécuritaire au plan
environnemental des résidus générés par leur usage. Avec le temps, certains
principes dedétergence, certains
biocides, certaines solutions utilisées à des taux de dilution très précis,
selon des temps de contact appropriés, ont su démontrer leur supériorité. Le
génie industriel contribue aussi, avec le design, au développement
d’équipements de nettoyage efficaces au plan énergétique, performants, faciles
d’utilisation, polyvalents, sécuritaires et faciles d’entretien (si l’on
respecte bien les protocoles d’entretien préventif).
La
microbiologie en particulier et les sciences de la santé en général, ont eu et auront encore plus dans le
futur un rôle déterminant en vue d’établir et de contrôler les conditions
favorisant l’hygiène publique et occupationnelle. Types de contaminants,
identificationdes micro-organismes,
sources d’infections, biofilms, maladies infectieuses, protocoles de
désinfection, contaminations croisées,techniques de désinfection, précautions universelles, familles de
désinfectants, usages et restrictions figurent parmi les savoirs et savoir-fairedéterminants provenant de ces sciences.
3. Méthodes de travail et leur organisation
Appuyées par ces données scientifiques, des modes
d’emploi précis et des protocoles rigoureux ont été mis au point par des scientifiques dans leurs
laboratoires, des ingénieurs industriels, des experts-conseils et des
praticiens sur le terrain. Ces méthodes de faire optimisent les résultats
attendus en tenant compte des technologies disponibles et des fréquences de
nettoyage à respecter. Plusieurs dizaines de fiches méthodes, élaborées par nos
soins, sont venues à la rescousse des gestionnaires au cours des dernières
années en vue d’assurer des résultats efficaces et durables. Le temps
d’exécution représentant le coût principal, le génie industriel vient apporter
une contribution déterminante telles que l’organisation scientifique du
travail, l’agencement des tâches routinières et périodiques suivant les
fréquences à appliquer, l’estimation judicieuse des temps d’exécution ainsi
quel’aménagement de circuits de travail
fonctionnels et souples. C’est aussi grâce à ces disciplines qu’ont pu être
adaptées et mis en vigueur des procédés d’inspections en propreté crédibles et
documentésétablis à partir de normes à
suivre, tant au plan du procédurier que des critères à évaluer.
4. Supervision
Cette dimension est l’une de celle qui nous semble la
plus sous évaluée et qui, pourtant, est la plus apte à faire la différence. Les sciences de la gestion et du
comportement peuvent encore apporter des solutions qui ont fait leurs
preuves. Leadership situationnel, valorisation des employés, mobilisation des
équipes de travail, mesure de la performance,communication organisationnelle, gestion participative, gestion
multiservice, supervision en milieux culturelsen sont certaines des applications transférables.
5. Gestion humaine du personnel
L’apport de psychologues
industriels, de spécialistes en développement organisationnelet en relations de travail peut sûrement continuer àdynamiser et à revaloriser ce corps d’emploi
par la voie de l’estime de soi, la reconnaissance par les autres, le
développement des services de salubrité, la mise en place de l’approche socio
technique, l’enrichissement de certains postes de travail, l’amélioration de
clauses de contrats de travail. L’hygiène
du travail a, quant à elle, plus particulièrement avec l’application de la
loi S.I.M.D.U.T et le support de préventionnistes, grandement amélioré la santé
et la sécurité au travail des employés. C’est également par la révision de l’ergonomie
de plusieurs postures, l’utilisation appropriée d’accessoires de protection, la
manipulation sécuritaire des produits et des appareils qu’on a ainsi grandement
favoriséla réduction des accidents au
travail dans ce milieu.
6. Gestion environnementale
Pendant extérieur au nettoyage et à la salubrité à
l’intérieur des immeubles, la gestion environnementale connaît un essor évident
depuis une dizaine d’années. Science hybride faisant elle aussi appel à
différentes sciences (écologie, génie,
géographie, chimie, technologies de l’environnement, droit, santé publique,
biologie, etc.). Plusieurs problématiques sont complémentaires :
gestion des déchets (dangereux ou non),recyclage, récupération, efficacité énergétique, produits biodégradables
non néfastes pour l’environnement, etc.). Une synergie et une complémentarité sont
en train de se réaliser en vue d’une gestion diligente et responsable. Tout
programme en gestion environnementale peut désormais comptersur un éventail de certains produits de
nettoyage qui sont accrédités par des systèmes
de certification crédibles.
7. Gestion financière
Les
principes comptables, les principes de saine gestion généralement reconnus
(P.S.G.R.C.), le droit commercial (contrats de sous-traitance) et divers outils
d’évaluation financière sont
mis à contribution afin d’évaluer avec exactitude les ressources requises et
d’accorder au service de salubrité et ce,
de façon durable, les ressources suffisantes pour permettre de réaliser leur
mission et de respecter les bonnes pratiques et les règles de l’art basées sur
des connaissances, des savoirs et des savoir-faire reconnus scientifiquement.
Les faits le prouvent : des écoles proprescontribuent à améliorer les résultats
scolaires !
Une étude scientifique (Michael A. Berry,PhD : Healthy School Environnement and
Enhanced Educational Performance. The case of Charles Young Elementary School,
Washington, DC, Carpet and Rug Institute, January 2002) démontre de façon
convaincante l’amélioration des résultats scolaires dans uneécole où un programme d’entretien sanitaire
fonctionnel a été appliqué :
AVANT
APRÈS
Présence en classe des étudiants
89 %
93 %
Attitude des étudiants
Appréhension
Heureux, énergiques et optimistes
Attitude des enseignants
De frustrée à apathique
Très positive, proactive et optimiste
Taux de rétention des enseignants
De normal à faible et départs
Très élevé et peu de départs
Plaintes sur l’état de santé des étudiants
Fréquentes
De très peu fréquentes à normales,
grandesréductions
Résultats en mathématiques sous la note de passage
49 %
24 %
Résultats en mathématiques au dessus de la note de
passage
51 %
76 %
Résultats en lecture sous la note de passage
41 %
25 %
Résultats en lecture au dessus de la note de
passage
59 %
75 %
Le docteur Berry conclut en affirmant qu’il existe un
lien direct entre un environnement scolaire propre et salubre, les attitudes et
les comportements des élèves, des parents et des enseignants. Il a été ainsi
démontré à cette école que le nettoyage est crucial et contribue directement au
rendement scolaire des élèves.
Conclusion
Il
existe une science du nettoyagequi demande à être davantage
connue, mise en pratique par les
gestionnaires et les employés, respectée et supportée par les directions
concernées. Pour se faire, il
est devenu incontournable que les superviseurs de premier et de second niveau
actuels et ceux de la relève émergente, ainsi que les directeurs maîtrisent
parfaitement cette science appliquée à l’hygiène du milieu.
Pourquoi les superviseurs et les directeursme direz-vous ? Parce que ceux-ci, plus que
les employés, ont une influence directe et prépondérante sur le respect,
l’indifférence ou la négligence envers les bonnes pratiques établies sur des
bases scientifiques par les fabricants de revêtements et les fournisseurs de
produits et d’équipements.
Question : Quelles seront, selon vous,les prochaines connaissances scientifiques
qui viendront influencer les modalités de prestations de l’entretien sanitaire ?
Faites-moi part de vos réponses soit par téléphone au
(514) 916-6480 ou par courriel à